Éditorial de Voix de Femmes – n° 70
Que le temps passe vite ! Je me souviens encore de ce 13 mai 2023, lorsque nous étions près de 1 000 femmes de l’UMOFC réunies dans la salle Paul VI pour écouter notre cher pape François, avant de partir pour Assise afin d’y poursuivre notre Assemblée générale. Que d’émotions et de sentiments! On dirait que c’était hier, et pourtant trois ans se sont déjà écoulés. Aujourd’hui, nous commençons, avec beaucoup d’enthousiasme, à préparer notre prochaine Assemblée.
Que de choses se sont passées depuis lors ! Nous avons un nouveau Pape, un nouvel Assistant Ecclésiastique qui écrit désormais dans la revue ; une nouvelle identité visuelle, un site web renouvelé, une École de synodalité qui se consolide, un Observatoire mondial des femmes (WWO) qui poursuit sa croissance, bref, tant de bénédictions…
Mais il y a aussi de nouveaux défis : la paix est gravement menacée et la violence persiste ; les effets du changement climatique se sont aggravés, touchant de nombreuses personnes ; et Nous entrons dans une nouvelle époque, que beaucoup qualifient de quatrième révolution industrielle, dans laquelle l’emploi non maîtrisé de l’intelligence artificielle apporte de nouveaux défis, tels que les a signalés le Pape Léon dans Magnifica humanitas.
L’heure approche où nous devrons nous réunir à nouveau pour faire le point sur le chemin parcouru et fixer de nouveaux objectifs. La prochaine Assemblée générale tracera la voie de l’UMOFC pour les quatre prochaines années. Ensemble, nous aurons à analyser la réalité, à nous écouter, à partager nos expériences, à prier et à discerner afin de définir les nouvelles priorités et les lignes d’action, conscientes de l’importance et de l’urgence de notre mission, ainsi que des défis que le monde d’aujourd’hui et les voies proposées par l’Église nous invitent à relever. Nous élirons également les nouvelles dirigeantes, c’est-à-dire les conseillères qui auront la responsabilité d’élire la nouvelle Présidente générale et d’autres dirigeantes, ainsi que de guider les travaux de l’UMOFC au cours des quatre prochaines années, conformément aux directives de l’Assemblée.
Les Assemblées témoignent de la force de notre réseau mondial d’organisations catholiques, composé de femmes issues de plus de 50 pays, unies par une même foi et une grande mission. Des femmes issues de cultures et de contextes divers, parlant différentes langues et ayant des expériences de vie variées, mais liées par la ferme détermination de promouvoir le développement intégral des femmes et leur participation dans tous les domaines de la vie ecclésiale et sociale.
Quelle grande joie ! De plus, le fait que notre Assemblée se tienne en Espagne promet un grand événement. En Espagne, nous avons cinq organisations formidables et très actives qui font déjà tout leur possible pour nous accueillir à bras ouverts. Je les remercie, au nom de l’UMOFC, pour leur leadership et leur générosité. Je suis certaine que ce sera une Assemblée merveilleuse et inoubliable. De plus, l’Escorial est un lieu chargé de sens, étroitement lié à l’histoire, à la culture et à la spiritualité. Un espace où le patrimoine et la foi dialoguent, et où la beauté et l’art évangélisent et inspirent à leur tour.
La veille de l’Assemblée, le 5 juin, nous célébrerons à Madrid une messe dans la cathédrale, présidée par le cardinal Cobo, ainsi qu’un événement en l’honneur de Pilar Bellosillo, qui fut présidente de l’UMOFC de 1961 à 1974, une période qui a marqué un tournant dans la présence des femmes au sein de l’Église. L’UMOFC soutient déjà son processus de béatification.
Le thème de notre prochaine Assemblée, « Femmes pour la paix, à l´avant-garde de la protection de la vie », est un thème fondamental en ces temps où le monde a tant besoin de cette paix qui commence dans le cœur de chacune d’entre nous, d’où elle rayonne vers nos familles et nos communautés. Le leadership féminin, indispensable pour promouvoir la paix et prendre soin de la vie, y est étroitement lié. Comme nous le dit ici sœur Linda Pocher :
« La paix est avant tout un travail intérieur… qui prend forme dans les liens quotidiens, à commencer par ceux de la famille… lieu où l’on apprend à vivre en paix. »
Deux femmes extraordinaires nous parlent également de la manière d’être des femmes de paix : Viviane Nader Sebrini, du Liban, et Edelma T. Acosta, de Cuba. Vivant des situations très difficiles, à des centaines de milliers de kilomètres l’une de l’autre, elles nous témoignent de ce que signifie être des femmes de paix, à des moments où même l’espérance semble parfois prête à s’évanouir.
En tant que femmes engagées dans la protection de la vie, nous nous réjouissons de la nouvelle « Messe pour la sauvegarde de la création » et continuons à ouvrir la voie avec notre WWO, afin d’écouter davantage de femmes et de prévenir la violence à leur égard, cette fois depuis l’Indonésie.
Conscientes de l’importance d’assumer le leadership qui revient aux femmes dans une Église synodale, nous poursuivons notre travail afin de faire vivre la synodalité à tous les niveaux de l’Église. C’est ce que montrent également le témoignage d’Evaline Malisa, Présidente de WAWATA en Tanzanie, ainsi que le kit synodal que nous proposons à tous sur le site Internet du WWO.
Je termine en faisant miennes les paroles de Lavinia Rocchi à son retour d’Indonésie et de Tanzanie :
« Je suis rentrée chez moi revigorée. Revigorée dans ma conviction que le travail de l’UMOFC est important. Revigorée dans ma gratitude envers les femmes qui consacrent leur vie au service des autres. Renouvelée dans ma conviction que, lorsque les femmes s’unissent avec foi, générosité et détermination, des choses extraordinaires deviennent possibles. »
Merci à toutes !!




