Il y a un mois, nous célébrions le premier anniversaire de l’élection du cardinal américain, également péruvien, Robert Francis Prevost, comme 267ᵉ successeur de Pierre, sous le nom de Léon XIV. Le premier pontife originaire des États-Unis, à l’âme péruvienne après avoir vécu plus de vingt-deux ans dans ce pays d’Amérique latine. Un augustin, prieur général pendant deux mandats, expert en mathématiques, en langues et en droit canonique ; curé et évêque dans des communautés marginalisées du Pérou, et cardinal préfet du Dicastère pour les évêques.
Ce fut sans aucun doute une élection surprenante pour beaucoup, mais qui, peu de temps après, a montré comment le Saint-Esprit nous avait envoyé le pasteur le plus apte à diriger l’Église en ces temps difficiles, que beaucoup qualifient de « tournant historique » ou de « quatrième révolution industrielle ». Un pape qui a placé au centre l’unité en Christ, la proximité avec les pauvres et les plus vulnérables, la défense de la dignité de la personne face aux défis du développement technologique et, surtout, un appel ferme à la paix ; à cette paix « désarmée et désarmante » dont il nous a parlé dès le premier jour.
Le pape de l’unité
La devise du pape Léon XIV, « In illo uno unum » (« En celui qui est un, soyons un »), est tirée d’une homélie dans laquelle saint Augustin explique que, bien que les chrétiens soient nombreux, nous ne formons qu’un seul corps dans l’unique Christ. Le Saint-Père a décidé de conserver cette devise, qu’il utilisait déjà en tant qu’évêque, comme une invitation à la communion et à l’unité au sein de l’Église et comme un signe d’espérance.
L’unité est quelque chose qu’il faut rechercher et construire. « Dans l’unité de la foi, proclamée depuis les origines de l’Église, les chrétiens sont appelés à marcher ensemble, en gardant et en transmettant avec amour et joie le don reçu » affirmait récemment le Pape dans son message à l’occasion du 1 700e anniversaire du concile de Nicée.
Dilexi te et le regard tourné vers les plus vulnérables
L’expérience missionnaire de Robert Prevost au Pérou, où son ministère s’est déroulé au contact direct des « plus pauvres et des peuples oubliés », a marqué le style de son pontificat, fondé sur la conviction de l’amour universel de Dieu pour tous, sans distinction, et sur un choix clair en faveur des plus vulnérables. C’est sans aucun doute un pape missionnaire, attentif aux problèmes et à la souffrance de ceux qui vivent dans des situations difficiles.
Le choix de son nom, en référence directe au pape Léon XIII, auteur de Rerum novarum, première encyclique sociale de l’Église catholique, témoigne de sa conviction quant au rôle prophétique de l’Église pour proclamer et témoigner de l’Évangile face aux crises du monde.
C’est ainsi qu’il a signé, le 4 octobre dernier, sa première exhortation apostolique, Dilexi te (« Je t’ai aimé »), sur l’amour divin et humain du cœur du Christ envers les plus pauvres. Cette exhortation, projet lancé par le pape François, traite du service aux pauvres, dans le visage desquels nous retrouvons « la souffrance des innocents » et en qui se manifeste « la chair même du Christ ». Le texte dénonce l’économie qui tue, le manque d’équité, la violence à l’égard des femmes, la malnutrition, l’urgence éducative et les « structures d’injustice » qui doivent être « détruites par la force du bien ».
Dilexi te nous invite à renouveler la communauté chrétienne pour la rendre plus proche, plus miséricordieuse et plus engagée envers les plus vulnérables.
Le pape de la paix
Comme nous l’avons souligné à plusieurs reprises, cela a sans aucun doute été le trait le plus caractéristique du pontificat de Léon XIV, depuis qu’il s’est présenté sur la place Saint-Pierre ce 8 mai 2025 avec son appel à « la paix du Christ ressuscité, une paix désarmée et désarmante, humble et persévérante ». Une paix qui jette des ponts et qui se présente comme une force transformatrice pour l’humanité.
Face aux conflits d’aujourd’hui, Léon XIV a insisté à maintes reprises sur le fait que les guerres ne se résolvent pas par davantage de violence, mais par le dialogue. Il a sans cesse appelé à un cessez-le-feu dans les zones de conflit, au désarmement, à ce que les dirigeants privilégient la négociation et à ce que les nations recherchent des solutions respectueuses de la dignité de tous. Son action diplomatique a été très intense afin de « rechercher des réponses et des solutions non violentes, plus efficaces et meilleures pour le peuple ».
De sa voix claire, simple et désarmante, mais ferme et persévérante, il ne cesse d’exiger la fin de la violence et des guerres. Il a lancé des appels forts, tels que le « Plus jamais la guerre » de son premier Regina Caeli, jusqu’à l’accusation portée contre les seigneurs de la guerre dont les mains « sont pleines de sang », lors de la messe du dimanche des Rameaux. Au nom de la paix, Léon XIV a rencontré des représentants du Hezbollah au Liban et a reçu les présidents de la Palestine et d’Israël. Il a eu des entretiens téléphoniques et des réunions avec plusieurs dirigeants de nations en guerre.
C’est à propos de la guerre en Iran que le Pape s’est exprimé avec le plus de fermeté et de courage, prenant la décision inhabituelle de citer nommément un président et de dénoncer toute justification religieuse ou idéologique des conflits. Au Cameroun, Léon XIV a affirmé que le monde est « ravagé par une poignée de tyrans » et s’en est vivement pris à la corruption.
Mais avant tout, le Pape nous rappelle que la paix, qui vient de Dieu qui nous aime tous inconditionnellement, commence dans le cœur de chaque personne et qu’il ne suffit pas de réclamer la paix pour le monde si elle n’est pas cultivée dans la vie quotidienne. Nous mettant en garde contre le danger de nous habituer à la violence, il nous a demandé de désarmer notre cœur, notre esprit et notre vie de la haine et de la vengeance ; d’éduquer à la fraternité ; de promouvoir le pardon et la réconciliation et de construire des relations fondées sur le respect et la solidarité. Comme il l’a récemment déclaré : « La paix commence par chacun d’entre nous, par la manière dont nous regardons les autres, dont nous les écoutons, dont nous leur parlons. »
Son message a été clair : la paix n’est pas seulement l’absence de conflit, mais le fruit de la justice, de la fraternité et de la reconnaissance de la dignité de toute personne humaine.
Un pape engagé et soucieux de la protection de la personne humaine face à l’intelligence artificielle : Magnifica humanitas
En tant qu’expert du domaine numérique, il affirmait lors de son premier consistoire : « De nos jours, l’Église offre à tous le trésor de sa doctrine sociale en réponse à une nouvelle révolution industrielle et aux avancées dans le domaine de l’intelligence artificielle, qui posent de nouveaux défis pour la défense de la dignité humaine, de la justice et du travail. » Peu après, il publiera Magnifica humanitas, la première encyclique de son pontificat consacrée à la protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle.
L’encyclique invite l’humanité à « désarmer » l’intelligence artificielle ainsi que les modalités selon lesquelles les technologies sont développées et utilisées. Ce « désarmement » ne consiste pas à rejeter l’innovation, mais à nous éloigner des systèmes fondés sur la domination, le profit et le contrôle pour construire une civilisation de l’amour, dans laquelle puissent s’épanouir la dignité humaine, la liberté, la solidarité, la subsidiarité et le soin de la création.
Le Saint-Père ne s’oppose pas au progrès technologique, mais il appelle à davantage de discernement, de clarté et de responsabilité dans la manière dont l’intelligence artificielle et les nouvelles technologies sont conçues et utilisées ; celles-ci doivent en effet se fonder sur la vérité, le bien commun et la dignité de la personne, en accordant une attention particulière à trois domaines : celui de la communication, celui de l’éducation et celui du travail. Nous reviendrons plus en détail sur tout cela ultérieurement.
Il ne fait aucun doute que, par son style discret et serein, « désarmé » et « désarmant », mais en même temps ferme et courageux, par son intelligence vive, sa capacité à observer et à écouter attentivement et, bien sûr, par sa vie intérieure intense et son dévouement, Léon XIV ne cesse de nous surprendre. Il nous a tant donné en si peu de temps !!
Il y a quelques semaines, j’ai eu la merveilleuse occasion de le voir, de l’écouter et de le saluer. Avec son doux sourire et son regard attentif, il m’a transmis une grande paix ; cette paix dont il parle tant et qui, sans aucun doute, naît de Dieu qui vit dans son cœur. Je lui ai dit que plus de 8 millions de femmes de l’UMOFC priaient pour lui. Je compte sur vous toutes pour cela !!! Nous continuerons à en parler.
Mónica Santamarina – Présidente Générale de l’UMOFC




